Galerie des fossiles

Burgessia bella

Arthropode primitif à estomac réniforme

Reconstitution 3D de Burgessia bella

Reconstitution 3D de Phlesch Bubble © Musée royal de l'Ontario

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Taxonomie

Règne :

Animal

Embranchement :

Arthropodes

Classe :

Clade non classé (groupe souche des arthropodes)

Affinité :

Quoique commun, Burgessia n'a pas été étudié depuis les années 1970; sa position phylogénétique demeure incertaine. Il a été décrit comme un membre basal des arachnomorphes, qui comprend les chélicérates et les trilobites (Briggs et Fortey, 1989; Cotton et Braddy, 2004); voir également Edgecombe, 2010.

Nom d'espèce :

Burgessia bella

Nom du descripteur :

Walcott

Date de la description :

1912

Étymologie :

Burgessia – d'après le mont Burgess (2 599 m), pic dans le parc national du Canada Yoho. Le mont Burgess a été nommé en 1886 par Otto Klotz, arpenteur-topographe du Dominion, en l'honneur d'Alexander Burgess, ancien sous-ministre de l'Intérieur.

bella – du latin bellus, « beau ».

Spécimens types :

Lectotype – USNM 57676 conservé au Musée national d'histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.

Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

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Âge

Periode :

Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d'années).

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Sites

Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

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Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Décrite par Walcott en 1912, l'espèce a été réexaminée par Simonetta (1970), puis étudiée en détail à nouveau par Hughes (1975). Les analyses phylogénétiques suggèrent une position au sein des arthropodes arachnomorphes (Briggs et Fortey, 1989; Cotton et Braddy, 2004). La fonction de l'épine postérieure de Burgessia a été analysée par comparaison avec le limule contemporain (Lin, 2009).

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Description

Morphologie :

Burgessia est un petit arthropode muni d'une longue épine terminale, dont le corps mou est protégé par une carapace dorsale hémicirculaire. En vue latérale, cette carapace très mince – d'une longueur de 4 à 17 mm – révèle sa légère convexité. L'épine est environ 1,4 fois plus longue que la carapace. Rien n'indique la présence d'yeux composés. Le corps porte une paire d'antennes souples à l'avant et dix paires d'appendices segmentés et dédoublés en deux branches (biramés), dont trois paires au niveau de la tête et sept paires au niveau du tronc. La branche interne sert à la locomotion dans chacune des dix paires d'appendices. La branche externe est un flagelle dans les trois appendices céphaliques et une branchie dans les sept appendices du tronc. Une paire d'appendices courts segmentés et non dédoublés (uniramés) est attachée au huitième segment du tronc. La branche locomotrice des appendices céphalothoraciques se termine en deux ou trois pinces courtes. Le telson (dernière division du corps) comprend une seule épine postérieure non segmentée souvent conservée droite, mais que l'on trouve parfois courbée. Le système digestif est constitué d'une paire d'extensions intestinales réniformes très visibles, placées en position latérale et communicant avec un canal alimentaire central par l'intermédiaire de canaux primaires. La bouche aurait été ventrale, située derrière une paire de lobes intestinaux frontaux, et l'anus, à l'extrémité du canal central, près de la base du telson.

Abondance :

Burgessia est connue d'après l'étude de plus de 3 000 spécimens provenant de la carrière Walcott et représente 2,5 % environ de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :

17 mm

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Écologie

Mode de vie :

Épibenthique, mobile

Mode d'alimentation :

Dépositivore

Interprétations écologiques :

Burgessia marchait à la surface de boues marines grâce à ses dix paires d'appendices locomoteurs et utilisait probablement ses antennes et appendices céphaliques pour balayer des particules alimentaires présentes dans les sédiments meubles vers sa bouche ventrale. La présence de boue dans son estomac a été interprétée comme une preuve de régime alimentaire dépositivore, mais elle pourrait n'être qu'un artefact de préservation. Les capacités natatoires de l'animal auraient été minimales. Les branchies externes des appendices du tronc, de dimensions réduites, n'auraient probablement pas offert une surface d'échange suffisante pour les besoins respiratoires associés à des déplacements prolongés dans l'eau. L'épine postérieure raidie de Burgessia lui aurait permis de dissuader les prédateurs ou de lutter contre l'ensevelissement.

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Références

Bibliographie :

BRIGGS, D. E. G. AND R. A. FORTEY. 1989. The early radiation and relationships of the major arthropod groups. Science, 246: 241-243.

CARON, J.-B. and D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

COTTON, T. J. AND S. J. BRADDY. 2004. The phylogeny of arachnomorph arthropods and the origin of the Chelicerata. Transactions of the Royal Society of Edinburgh: Earth Sciences, 94: 169-193.

EDGECOMBE, G. D. 2010. Arthropod phylogeny: An overview from the perspectives of morphology, molecular data and the fossil record. Arthropod Structure & Development, 39: 74-87.

HUGHES, C. P. 1975. Redescription of Burgessia bella from the Middle Cambrian Burgess Shale, British Columbia. Fossils and Strata, 4: 415-435.

LIN, J.-P. 2009. Function and hydrostatics in the telson of the Burgess Shale arthropod Burgessia. Biology Letters, 5: 376-379.

SIMONETTA, A. M. 1970. Studies on non trilobite arthropods of the Burgess Shale (Middle Cambrian). Palaeontographia Italica, 66 (New series 36): 35-45.

WALCOTT, C. 1912. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian Branchiopoda, Malacostraca, Trilobita and Merostomata. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(6): 145-228.

WILLS, M. A., D. E. G. BRIGGS, R. A. FORTEY, M. WILKINSON, AND P. H. A. SNEATH. 1998. An arthropod phylogeny based on fossil and recent taxa, p. 33-105. In G. D. Edgecombe (ed.), Arthropod fossils and phylogeny. Columbia University Press, New York.

Autres liens :

Aucun

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