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Chancelloria eros

Organisme creux, évoquant un cactus et aux affinités phylogénétiques inconnues

Reconstitution 3D de Chancelloria eros, un animal couvert d'épines disposées en étoile qui ressemble à une éponge, avec diverses éponges (Choia ridleyi, Diagoniella cyathiformis, Eiffelia globosa, Hazelia conferta, Pirania muricata, Vauxia bellula, et Wapkia elongata).

Reconstitution 3D de Phlesch Bubble © Musée royal de l'Ontario

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Taxonomie

Règne :

Animal

Embranchement :

Inconnu

Classe :

Coeloscleritophora (Clade non classé, Ordre : Chancelloriida)

Affinité :

Deux hypothèses dominent au sujet des affinités des chancelloriidés: avec Halkieria et les taxons apparentés, ils formeraient un groupe placé près de la base de l'arbre phylogénétique des bilatériens (Bengtson, 2005), ou bien ils représenteraient simplement des organismes du groupe des éponges caractérisés par un mode de formation inhabituel des spicules (Sperling et al., 2007).

Nom d'espèce :

Chancelloria eros

Nom du descripteur :

Walcott

Date de la description :

1920

Étymologie :

Chancelloria – d'après le pic Chancellor (3 280 m), nommé en l'honneur de Sir John Alexander Boyd, chancelier de l'Ontario, qui arbitra avec succès un litige opposant le Chemin de fer du Canadien Pacifique au gouvernement du Canada.

eros – du latin erosus, « rongé » ou « consumé », ou du grec erotikos, « relatif à l'amour ».

Spécimens types :

Non spécifié.

Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Walcott (1920) décrit C. drusilla, C. libo et C. yorkensis dans les dépôts du Cambrien moyen des schistes de Conasauga en Georgie; des schistes de Conasauga en Alabama; de la formation de York en Pennsylvanie. D'autres chercheurs ont décrit C. maroccana Szduy, 1969 du Cambrien inférieur de la formation de Campo Pisano en Sardaigne, Italie; C. pentacta Rigby, 1978, du Cambrien moyen des schistes de Wheeler dans l'Utah (Rigby, 1978); C. sp., du Cambrien des schistes de Bright Angel en Arizona (Elliott and Martin, 1987); C. cf. eros du Cambrien inférieur (Branchien) de la formation de Sekwi, Mackenzie Mountains, Territoires du Nord-Ouest (Randell et al., 2005); C. sp., des schistes de Collier de la zone à Elvinia (Cambrien supérieur), Ouachita Mountains, Arkansas (Hohensee et Stitt, 1989); C. sp. de l'île King George, Antarctique (Wrona, 2004).

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Âge

Periode :

De la deuxième série du Cambrien (Botomien basal) à l'étage supérieur du Cambrien (Postdamien), zone à Bolaspidella (il y a 525 à 505 millions d'années environ).

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Sites

Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : Les Chancelloriidés sont connus d'après l'étude de spécimens provenant de tous les sites fossilifères des schistes de Burgess, particulièrement des carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles, du mont Stephen – couches à trilobites et couches à tulipes (S7) – de Monarch Cirque et d'autres sites de moindre importance. Des travaux sont en cours pour déterminer quels spécimens de Chancelloria appartiennent en fait à d'autres genres, notamment Allonnia et Archiasterella (voir ci-après).

Autres dépôts : C. eros est présent partout dans le monde: dans le Cambrien moyen des schistes de Wheeler (et la formation de Marjum ) dans l'Utah (Janussen et al., 2002); le Cambrien inférieur des calcaires de Comley en Angleterre (Reid, 1959); le Cambrien inférieur supérieur à moyen inférieur de la formation de La Laja en Argentine (Beresi et Rigby, 1994); les calcaires d'Andrarum et les schistes d'alun supérieurs (Cambrien moyen) de Bornholm au Denmark (Berg-Madsen, 1985); le Cambrien inférieur du Nevada et de la Californie (Mason, 1938); le Cambrien inférieur de l'île du Cap-Breton (Landing, 1991); le Cambrien précoce de Todd River Dolomite dans le bassin Amadeus en Australie centrale (Laurie, 1986), la formation Çal Tepe dans les monts Taurus en Turquie (Sarmiento et al., 2001); le Cambrien inférieur de la formation de Forteau à l'ouest de Terre-Neuve (Skovsted et Peel, 2007); le Cambrien inférieur des calcaires à Hyolithes de Nuneaton en Angleterre (Brasier, 1984).

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Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott (1920) considérait Chancelloria comme une éponge, position approuvée par la majorité des chercheurs qui ont étudié l'organisme après lui. Cependant, le mode de formation des sclérites de l'organisme est réputé ne ressembler à rien de ce qui existe chez les éponges actuelles: ses sclérites creuses sont composées de multiples éléments joints ensemble (Bengtson et Missarzhevsky, 1981) et leur structure est similaire à celle des sclérites d'Halkieria (Porter, 2008). Ce mode de formation a convaincu la plupart des chercheurs que les chancelloriidés n'appartiennent pas au groupe des éponges (Bengtson et Hou, 2001). Certains détracteurs objectent que la microstructure organique des chancelloriidés présente des similitudes avec les fibres des éponges cornées (Butterfield et Nicholas, 1996) et suggèrent par conséquent une position au sein du groupe des éponges (voir également Sperling et al., 2007). Les spécimens des schistes de Burgess sont actuellement réexaminés en détail; il ne fait aucun doute que certains d'entre eux seront déplacés vers un autre genre des chancelloriidés (Bengtson et Collins, 2009).

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Description

Morphologie :

Chancelloria ressemble à un cactus cylindrique pouvant mesurer jusqu'à 20 centimètres. Un assortiment d'épines disposées en étoile constitue un réseau discontinu arrangé de diverses manières. Ces épines forment un anneau serré au sommet de l'organisme et semblent entourer un pore. L'eau entrait et sortait probablement par ce pore, les particules organiques en suspension étant retenues pour alimenter Chancelloria.

Les spicules de Chancelloria, dont le diamètre varie d'une taille millimétrique à environ un centimètre de diamètre, sont composés de rayons creux qui se rejoignent en un point central pour former une structure tridimensionnelle en forme de parapluie. Un rayon central pointe vers l'extérieur, tandis que les autres rayons sont répartis (également vers l'extérieur) en formant un angle serré avec la surface de l'organisme pour participer éventuellement à sa défense. La nature des rayons permet de distinguer les genres et espèces de chancelloriidés; C. eros compte quatre à sept rayons par spicule. Allonnia, genre étroitement apparenté à Chancelloria, se différencie de ce dernier par sa forme plus sphérique et le détail de son architecture scléritique, qui comprend trois rayons principaux. Un troisième genre, Archiasterella, est représenté dans les schistes de Burgess; il se distingue également des deux autres genres par la morphologie de ses sclérites et le nombre de ses rayons.

Abondance :

Chancelloria compte pour moins de 0,5 % des spécimens de la faune de Burgess (Caron et Jackson, 2008) et inclut des spécimens qui pourraient appartenir en fait à Allonnia ou Archiasterella.

Taille maximum :

200 mm

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Écologie

Mode de vie :

Épibenthique, sessile

Mode d'alimentation :

Suspensivore

Interprétations écologiques :

Chancelloria adhérait à d'autres organismes, tels des éponges et d'autres chancelloriidés, et à l'occasion, à des fragments de coquille qui auraient été partiellement enfouis dans le plancher sous-marin. Il demeurait ancré et se nourrissait en extrayant des particules en suspension dans l'eau de mer, qu'il aspirait et expulsait par une ouverture ménagée au sommet de son corps. Ses épines lui servaient probablement à se protéger contre des prédateurs.

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Références

Bibliographie :

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BENGTSON, S. AND X. HOU. 2001. The integument of Cambrian chancelloriids. Acta Palaeontologica Polonica, 46: 1-22.

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Autres liens :

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