Galerie des fossiles

Emeraldella brocki

Petit arthropode prédateur doté d'une longue queue et d'antennes

Reconstitution de Emeraldella brocki.

© Marianne Collins

Média 1 des 4 pour Emeraldella brocki Modèle 2D
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Taxonomie

Règne :

Animal

Embranchement :

Arthropodes

Classe :

Clade non classé (groupe souche des arthropodes)

Affinité :

L'affinité phylogénétique d'Emeraldella est incertaine en raison de la rareté des spécimens. Antérieurement classifié parmi les arachnomorphes, car assimilé soit aux chélicérates (Wills et al., 1998; Cotton et Braddy, 2004; Hendricks et Lieberman, 2008) soit aux trilobites et à la super-classe Lamellipedia (Hou et Bergström, 1997; Edgecombe et Ramsköld, 1999; Scholtz et Edgecombe, 2006), le genre a également été considéré comme un taxon d'euarthropodes de la lignée souche (Budd, 2002).

Nom d'espèce :

Emeraldella brocki

Nom du descripteur :

Walcott

Date de la description :

1912

Étymologie :

Emeraldella – d'après le lac, le sommet, le col, la rivière et le glacier Émeraude, au nord du col de Burgess, Colombie-Britannique, Canada. Le lac Émeraude a été nommé en 1882 par le guide Tom Wilson en raison du vert remarquablement profond de ses eaux.

brocki – d'après Reginald Walter Brock, directeur de la Commission géologique du Canada de 1907 à 1914.

Spécimens types :

Lectotype – USNM 57702 conservé au Musée national d'histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.

Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Emeraldella sp. de la formation de Marjum à House Range dans l'Utah, États-Unis.

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Âge

Periode :

Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d'années).

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Sites

Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

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Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Emeraldella brocki a été décrit pour la première fois par Walcott (1912). Bruton et Whittington (1983) ont étudié les matériaux fossiles en détail et clarifié de nombreux aspects de la morphologie de l'espèce. Un spécimen possible du genre Emeraldella, provenant de la formation de Marjum dans l'Utah, a également été décrit (Briggs et Robison, 1984). D'autres travaux visant à examiner la position phylogénétique d'Emeraldella et des arachnomorphes ont été menés par Hou et Bergström (1997), Wills et al. (1998), Edgecombe et Ramsköld (1999), Budd (2002), Cotton et Braddy (2004), Scholtz et Edgecombe (2006), et Hendricks et Lieberman (2008).

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Description

Morphologie :

Le corps se compose d'un bouclier céphalique hémicirculaire, d'un tronc segmenté et d'une épine postérieure allongée. Sa longueur (excluant l'épine et les antennes) varie entre 1,1 et 6,5 cm; avec l'épine et les antennes, l'animal atteindrait 15 cm de long. Convexe en coupe transversale, il s'amincit le long de la moitié postérieure du tronc. Le bouclier céphalique est lisse et ne comporte aucune trace d'yeux. Une paire d'antennes longues et flexibles constituées de plus de 100 segments aux jonctions poilues est attachée à la surface ventrale en avant de la tête. La bouche est ventrale et orientée vers l'arrière. Cinq paires de membres biramés, avec une branche interne segmentée et une branche externe lobée, se trouvent derrière les antennes. La branche interne compte six podomères (segments), soit la gnathobase (podomère robuste et épineux utilisé pour broyer la nourriture), quatre podomères adjacents portant également des épines et un podomère terminal mince armé de trois pinces acérées. La branche externe est large et dotée de trois lobes principaux incluant des filaments et des lamelles. Le tronc d'Emeraldella comporte 11 larges segments, dont les marges sont lisses et incurvées. Chaque segment porte une paire de membres biramés similaires à ceux de la tête. Derrière les segments du tronc se trouvent deux tergites enveloppant le corps cylindrique et une épine postérieure longue et fuselée. Une large bande parcourant le tronc jusqu'à la base de l'épine postérieure pourrait avoir été un tube digestif. Dans la région céphalique, le tube digestif prend la forme d'un U, car à partir de la bouche tournée vers l'arrière, il va vers l'avant et vers le haut.

Abondance :

Emeraldella brocki est très rare dans la carrière Walcott, où l'espèce ne compte que pour 0,01 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :

202 mm

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Écologie

Mode de vie :

Nectobenthique, mobile

Mode d'alimentation :

Carnivore

Interprétations écologiques :

Les branches internes des membres biramés servaient probablement à la marche sur le lit marin, particulièrement celles des huit ou neuf paires de membres du milieu, plus longues que les paires de la partie postérieure. Les épines de la marge interne des membres locomoteurs auraient permis de saisir des proies molles, tandis que les pinces terminales auraient poussé la nourriture vers les gnathobases ventrales. Les gnathobases auraient ensuite déchiqueté les aliments, puis les auraient poussés sous le corps de l'animal, vers la bouche. Les antennes auraient été utilisées pour explorer l'environnement et chercher des proies vivantes ou mortes en labourant les sédiments meubles. Pendant que la tête était inclinée vers le bas à la recherche de nourriture, les segments et l'épine postérieurs se pliaient probablement vers le haut pour maintenir l'animal en position. Les lobes des branches externes des membres auraient servi de branchies. En utilisant les larges branches externes de ses membres pour se propulser dans l'eau à l'aide de mouvements ondulatoires, Emeraldella pourrait avoir été capable de nager par à-coups.

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Références

Bibliographie :

BRIGGS, D. E. G. AND R. A. ROBISON. 1984. Exceptionally preserved non-trilobite arthropods and Anomalocaris from the Middle Cambrian of Utah. The University of Kansas Paleontological Contributions, 111: 1-24.

BRUTON, D. L. AND H. B. WHITTINGTON. 1983. Emeraldella and Leanchoilia, two arthropods from the Burgess Shale, Middle Cambrian, British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London B, 300: 553-582.

BUDD, G. E. 2002. A palaeontological solution to the arthropod head problem. Nature, 417: 271-275.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

COTTON, T.J. AND S. J. BRADDY. 2004. The phylogeny of arachnomorph arthropods and the origin of the Chelicerata. Transactions of the Royal Society of Edinburgh-Earth Sciences, 94: 169-193.

EDGECOMBE, G. D. AND L. RAMSKÖLD. 1999. Relationships of Cambrian Arachnata and the systematic position of Trilobita. Journal of Paleontology, 73: 263-287.

HENDRICKS , J. R. AND B. S. LIEBERMAN. 2008. Phylogenetic insights into the Cambrian radiation of arachnomorph arthropods. Journal of Paleontology, 82: 585-594.

HOU, X. AND J. BERGSTRÖM. 1997. Arthropods of the Lower Cambrian Chengjiang fauna, southwest China. Fossils and Strata, 45: 1-116.

SCHOLTZ, G. AND G. D. EDGECOMBE. 2006. The evolution of arthropod heads: reconciling morphological, developmental and palaeontological evidence. Development Genes and Evolution, 216: 395-415.

WALCOTT, C. D. 1912. Middle Cambrian Branchiopoda, Malacostraca, Trilobita and Merostomata. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57: 145-228.

WILLS, M. A., D. E. G. BRIGGS, R. A. FORTEY, M. WILKINSON, AND P. H. SNEATH. 1998. An arthropod phylogeny based on fossil and recent taxa. pp. 33-105. In G. D. Edgecombe (ed.), Arthropod Fossils and Phylogeny. Columbia University Press, New York.

Autres liens :

Aucun

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