Galerie des fossiles

Laggania cambria

Prédateur de type Anomalocaris adapté à la nage rapide

Reconstitution de Laggania cambria.

© Marianne Collins

Média 1 des 6 pour Laggania cambria Modèle 2D
Média 2 des 6 pour Laggania cambria Dessin
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Taxonomie

Règne :

Animal

Embranchement :

Arthropodes

Classe :

Dinocarida (Ordre : Radiodonta, groupe souche des arthropodes)

Affinité :

Laggania est un anomalocaride. Les anomalocarides sont considérés comme un taxon basal des euarthropodes de la lignée souche (p. ex. par Daley et al., 2009), un taxon basal du groupe des arthropodes chélicérates (p. ex. par Chen et al., 2004) et un groupe–frère des arthropodes (Hou et al., 2006).

Nom d'espèce :

Laggania cambria

Nom du descripteur :

Walcott

Date de la description :

1911

Étymologie :

Laggania – d'après la gare de Laggan, aujourd'hui désaffectée, jadis exploitée par le Chemin de fer Canadien Pacifique dans le parc national du Canada Banff (actuel Village du lac Louise). Le nom « Laggan » fait référence à une bataille qui eut lieu dans le Great Glen en Écosse en 1655.

cambria – nom latin du pays de Galles.

Spécimens types :

Holotype – USNM 57555 conservé au Musée national d'histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États–Unis.

Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : une nouvelle espèce possible découverte dans les couches à tulipes (S7) du mont Stephen (Daley et Budd, 2010).

Autres dépôts : aucune.

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Âge

Periode :

Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus–Elrathina (environ 505 millions d'années).

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Sites

Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

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Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

La description des anomalocarides, y compris Laggania, s'est avérée complexe. En effet, les corps de nombreux spécimens ont été conservés « en pièces détachées », qui ont parfois reçu leur propre nom de genre, avant d'être reconnues comme les parties isolées d'un même animal. Le nom Laggania cambria a d'abord été donné à un unique spécimen de « concombre de mer » (Walcott, 1911a), qui a été ensuite décrit comme la superposition de la « méduse » Peytoia nathorsti sur une éponge (Conway Morris, 1978). Les appendices frontaux de Laggania ont été initialement identifiés comme des « appendices F », soient les appendices alimentaires de l'arthropode Sidneyia (Walcott, 1911b), puis ils ont été retirés du genre et décrits comme les appendices d'un arthropode inconnu (Briggs, 1979).

La découverte du plan d'organisation de base des anomalocarides par Harry Whittington dans les années 1980, alors qu'il préparait des spécimens d'Anomalocaris et de Laggania, a eu l'effet d'une révélation majeure : les anomalocarides avaient la méduse Peytoia en guise de pièces buccales et une grande paire d'appendices frontaux à l'avant de la tête. Whittington et Briggs (1985) ont initialement décrit Laggania sous le nom d'Anomalocaris nathorsti. Bergström (1986) a revu la description de certains aspects morphologiques propres aux anomalocarides.

La découverte de plusieurs spécimens complets additionnels, lors de travaux menés sur le terrain par le Musée royal de l'Ontario dans les années 1990, a permis à Collins (1996) de reconstituer le genre Anomalocaris avec plus de précision, ce qui a entraîné l'abandon du nom Anomalocaris nathorsti au profit de Laggania cambria. Depuis, de nombreuses études sur les affinités des anomalocarides traitent de Laggania (p. ex. par Hou et al., 1995; Chen et al., 2004; Daley et al., 2009).

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Description

Morphologie :

Le corps de Laggania comprend une région postérieure dotée d'une série de « nageoires » latérales et une région céphalique munie de pièces buccales circulaires, d'une paire d'appendices frontaux, de deux yeux de grandes dimensions et d'un bouclier céphalique. La longueur des spécimens complets ne dépasse pas 15 cm, cependant des parties isolées suggèrent des tailles nettement supérieures, de l'ordre de 50 cm. Les appendices frontaux comptent 11 segments robustes couverts d'épines dorsales et latérales courtes et de 5 épines ventrales allongées.

Ces deux appendices, sur la surface ventrale de la tête, se trouvent de part et d'autre des pièces buccales, qui consistent en 32 plaques rectangulaires (4 plaques larges et 28 plaques plus étroites) disposées en couronne autour d'une ouverture centrale, vers laquelle pointent des dents acérées. De grands yeux ovales sont situés de chaque côté de la tête et un bouclier, formé dans une carapace mince, protège la région céphalique dorsale. La partie centrale du tronc de Laggania est constituée de 11 segments, qui accueillent des rangées de branchies et des « ailes » (larges volets natatoires s'étendant de chaque côté du corps). Le tronc s'amincit postérieurement et se termine en queue épointée.

Abondance :

Dix spécimens complets de Laggania et plusieurs douzaines d'appendices frontaux isolés sont connus dans la carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Taille maximum :

500 mm

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Écologie

Mode de vie :

Nectonique, mobile

Mode d'alimentation :

Carnivore

Interprétations écologiques :

L'absence de membres adaptés à la marche et la présence de nombreuses branchies indiquent que Laggania était un grand nageur. L'animal se serait propulsé dans la colonne d'eau grâce aux ondulations de ses « ailes ». Les grands yeux, les pièces buccales acérées et les appendices épineux suggèrent un redoutable prédateur. Il aurait utilisé ses appendices recourbés comme un tamis pour extraire ses proies des sédiments ou comme un filet pour les piéger et les diriger vers sa bouche. Les plaques dentées de sa bouche pouvaient sans doute glisser vers l'extérieur, puis se contracter vers l'intérieur pour entraîner la nourriture au fond de l'ouverture buccale. Comme d'autres anomalocarides, Laggania aurait ingéré de petits animaux à corps mou. L'animal devait nager juste au–dessus du lit marin, utilisant ses yeux développés pour repérer des proies dans la colonne d'eau.

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Références

Bibliographie :

BERGSTRÖM, J. 1986. Opabinia and Anomalocaris, unique Cambrian ‘arthropods’. Lethaia, 19: 241-46.

BRIGGS, D. E. G. 1979. Anomalocaris, the largest known Cambrian arthropod. Palaeontology, 22: 631-663.

CHEN, J. Y., D. WALOSZEK AND A. MAAS. 2004. A new 'great-appendage' arthropod from the Lower Cambrian of China and homology of chelicerate chelicerae and raptorial antero-ventral appendages. Lethaia, 37: 3-20.

COLLINS, D. 1996. The “evolution” of Anomalocaris and its classification in the arthropod class Dinocarida (nov) and order Radiodonta (nov). Journal of Paleontology, 70: 280-293.

CONWAY MORRIS, S. 1978. Laggania cambria Walcott: a composite fossil. Journal of Paleontology, 52: 126-131.

DALEY, A. C. AND G. E. BUDD. 2010. New anomalocaridid appendages from the Burgess Shale, Canada. Palaeontology, 53: 721-738.

DALEY, A. C., G. E. BUDD, J. B. CARON, G. D. EDGECOMBE AND D. COLLINS. 2009. The Burgess Shale anomalocaridid Hurdia and its significance for early euarthropod evolution. Science, 323: 1597-1600.

HOU, X., J. BERGSTRÖM AND P. AHLBERG. 1995. Anomalocaris and other large animals in the Lower Cambrian Chengjiang fauna of Southwest China. GFF, 117: 163-183.

HOU, X., J. BERGSTRÖM AND Y. JIE. 2006. Distinguishing anomalocaridids from arthropods and priapulids. Geological Journal, 41: 259-269.

WALCOTT, C. D. 1911a. Middle Cambrian holothurians and medusae. Cambrian geology and paleontology II. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57: 41-68.

WALCOTT, C. D. 1911b. Middle Cambrian Merostomata. Cambrian geology and paleontology II. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57: 17-40.

WHITTINGTON, H. B. AND D. E. G. BRIGGS. 1985. The largest Cambrian animal, Anomalocaris, Burgess Shale, British-Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London Series B-Biological Sciences, 309: 569-609.

Autres liens :

Aucun

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